Le Droit: Les conditions de vie «épouvantables» au coeur des préoccupations

Posted September 26, 2014

«C'est inacceptable. Nous avons tous le droit de vivre dans un appartement qui n'est pas dommageable à notre santé physique et mentale.»
 
Avec cette phrase, une résidente d'Ottawa a résumé ce qui semble être le plus grand enjeu des résidents plus démunis des quartiers électoraux de Rideau-Vanier et de Rideau-Rockcliffe.
 
Tous les candidats cherchant à se faire élire comme représentant de ces secteurs le 27 octobre prochain ont entendu une série d'histoires d'horreur hier soir lors d'une rencontre organisée par le groupe Associations d'organisations communautaires pour la réforme maintenant (ACORN), une organisation indépendante nationale composée de familles et d'individus à faible et moyen revenus.
 
À tour de rôle, plusieurs résidents, exaspérés, ont noté les conditions de vie «épouvantables» dans lesquelles ils vivaient au quotidien. La présence de moisissure, de bestioles, d'asbestos et l'entretien douteux de leur logis seraient chose commune.
 
«Mon édifice est rempli de punaises de lits. Il y a quelques semaines, une résidente âgée aux prises avec une infestation de punaises de lit a même appelé sa fille pour lui demander de venir la chercher parce que sinon elle se suiciderait [...] Je vis un stress. Je suis traumatisée. J'ai peur d'être envahie par les punaises», a livré la même dame lors d'un discours enflammé où elle a demandé des solutions aux candidats électoraux.
 
Les conseillers sortants Mathieu Fleury et Peter Clark ont tous deux avoué que les 14 millions$ versés par année par la Ville d'Ottawa depuis quatre ans s'avéraient un pas dans la bonne direction. «Mais ce n'est pas assez. La Ville ne peut pas tout faire seule. La solution débute avec la mise sur pied d'un programme national de logement», a suggéré M. Fleury.
 
Logement communautaire Ottawa - qui fournit du logement social à 32000 citoyens - la Ville d'Ottawa et les propriétaires d'immeubles délinquants - de «véritables bourreaux qui profitent du système de supplément au loyer» - ont particulièrement passé dans le collimateur des résidents désespérés de trouver une solution à leur situation critique. Le manque de recours pour dénoncer les injustices s'avère également une source de frustration.
 
«Mon propriétaire m'a menacé à plusieurs reprises depuis 2009. J'ai dû faire des pirouettes pour amasser des fonds pour mon loyer qui fluctuait d'un mois à l'autre. Chaque fois que je me plains à la Ville ou devant un tribunal (de logement) je me bute à un mur. Nous n'avons pas de voix, nous sommes invisibles dans ce système», a commenté avec un trémolo dans la voix une mère de trois enfants, aujourd'hui sans logis.
 
«C'est honteux, il y a assurément quelque chose qui ne fonctionne pas». «Il y a un sérieux problème avec le système. La Ville se doit de ne pas traiter les gens comme des numéros», ont critiqué respectivement Catherine Fortin LeFaivre et Marc Aubin, principaux adversaires de M. Fleury dans Rideau-Vanier.
 
De son côté, le candidat dans Rideau-Rockcliffe, Tobi Nussbaum, a rappelé que des amendes salées, 25000$, peuvent être données aux propriétaires abusifs.
 
«Mais combien de fois de telles amendes ont été données? Zéro», a-t-il évoqué.
 
«Ce n'est pas des programmes ou des stratégies qui feront une différence, a à son tour avancé Cam Holmstrom, candidat dans le même quartier. Il faut une volonté politique en s'attaquant de front au problème et travailler à le changer.»
 
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Article by Jean-François Dugas for Le Droit