Journal de Montreal: Un prêt de 180$ la mène à la faillite

Posted June 16, 2015

Pour Amber, une mère monoparentale de six enfants, le cercle vicieux a commencé avec un petit prêt de 180$. Mais les hauts taux d’intérêts ont fini par la mener à la faillite.
 
Amber a eu un imprévu et n’arrivait pas à payer une de ses factures avant sa prochaine paye. Elle a contracté un premier prêt sur salaire pour obtenir rapidement de l’argent.
 
«C’est un cycle. Quand on se fait prêter de l’argent, on ne réalise pas qu’on doit payer de si grands intérêts. Pour pouvoir les payer, on doit faire d’autres emprunts», explique-t-elle.
 
Rencontrée lundi lors d’une manifestation dénonçant les entreprises qui font ce genre de prêts, Amber croit que les taux d’intérêts sont trop élevés. La loi leur permet d’imposer des taux allant jusqu’à 60%.
 
«Avec mes dettes de prêts sur salaire, c’était trop difficile, donc je n’ai pas eu le choix de déclarer faillite. Je ne pouvais plus rien payer. Les intérêts n’arrêtaient pas d’augmenter. Ça n’avait plus de fin», confie-t-elle.
 
Donna Borden, une autre manifestante, raconte avoir contracté un premier prêt, pensant pouvoir le rembourser rapidement. Après plusieurs années d’endettement, elle estime avoir payé plus de 24 000$ en intérêts. Elle s’en est sortie en suivant une thérapie pour personnes endettées.
 
«J’ai pris un prêt à versements périodiques pour 10 000$ sur cinq ans. Puis les dettes se sont accumulées.
 
Manif dans la BMO
 
La manifestation était initiée par ACORN, un organisme qui défend les familles démunies dans plusieurs régions du Canada.
 
Environ 200 personnes se sont réunies au centre-ville pour dénoncer les investissements de la Banque de Montréal (BMO) dans les entreprises de prêts sur salaire et sur gage. Plusieurs dizaines de manifestants sont entrés au siège social de la BMO en scandant des slogans et en demandant à parler au PDG William Downe.
 
Les policiers ont rapidement demandé aux manifestants de quitter. Il n’y a eu aucune arrestation.
 
    
 
 
 
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Article by Marie Christine Trottier for Journal de Montreal